Urrugne

La Ligue Aquitaine a organisé un stage pour les minimes et cadets du 18 au 20 février à Urrugne dans le Pays Basque. Maelle, Océane, Tom et Daniil représentaient Saint-Astier. Ils ont inauguré la nouvelle remorque à vélos attelée au minibus (capacité de 8 vélos) pour se rendre au centre de formation de la Camieta. Sous la férule de Bernard Feniou, le conseiller technique régional, une vingtaine de jeunes de la région n'ont pas chômé pour préparer les premières compétitions de la saison.

Maelle nous en fait le récit : "Les journées débutaient le matin à 7h30 avec 1h30 de natation. Une petite collation suivait au centre avant de repartir courir tranquillement le long de la baie. L'après-midi était consacré au vélo, la discipline ciblée prioritairement durant ce stage. Le premier jour, on a fait 50 km en commençant par monter le col d'Ignace qui est un col assez facile sur 3,5 km. Le lendemain on a enchaîné Ignace puis le col de Lizatseira bien plus dur sur 8 km, avec une sortie de 67 km au total. Le dernier jour, on s'est attaqué au col d'Ibardin qui fait 3.5 km et on l'a monté 3 fois pour un total de 36 km. C'était vraiment très difficile parce que c'était la première fois qu'on montait des cols, mais pour ma part jai réussi à bien gérer les distances grâce aux encadrants qui nous ont conseillé sur la nutrition et la récupération.

On a bénéficié aussi de séances de relaxation et d'étirements. C'était vraiment super, le site était magnifique et l'ambiance très conviviale. On s'est beaucoup amusés tout en faisant du sport. De plus c'est une très bonne préparation pour le Championnat d'Aquitaine de duathlon le 5 mars qui sera aussi qualificatif pour les Championnats de France."

Tout sportif sait qu'avant de s'aligner en compétition, il faut au préalable aligner des heures d'entraînement pour être prêt et donner le meilleur de soi-même. Pour beaucoup l'entraînement relève uniquement du domaine de l'exercice physique. Mais la plupart des championnes et champions mettent en avant l'importance du mental dans l'effort, à commencer par Dave Scott (6 fois vainqueur de l'Ironman d'Hawaii) : "Il faut être mentalement très tenace... Si la plupart des athlètes veulent gagner, ils ne le désirent pas assez avec leurs tripes, ils n'ont pas assez faim de victoire pour cela." Mark Allen (également 6 fois vainqueur à Hawaii après avoir fini 6 fois derrière Scott) le confirme : "Il faut être patient pour recueillir les fruits de son entraînement… Il faut être prêt mentalement à l'assumer, c'est cela la clé."

PNLPour celles et ceux qui veulent consacrer quelques instants au volet mental de la préparation sportive, il existe de nombreux ouvrages et articles abordant les différentes méthodes d'entraînement (VAKOG, sophrologie, RMP, visualisation et imagerie mentale...). La lecture du livre "PNL et performance sportive" d'Antoni Girod aux Editions Amphora, peut être enrichissante car l'ouvrage propose de manière simple et didactique "24 techniques de training mental", dont certaines ont été mises en oeuvre avec succès par Aimé Jacquet lors de la Coupe du Monde de football en 1998.

Créer les conditions de la réussite sportive, c'est chercher à  mettre tous les atouts de son côté,  y compris la réflexion mentale avant l'action, et la Programmation neurolinguistique (PNL) peut y aider. Derrière ce terme barbare et repoussant se cachent un informaticien (Richard Bandler) et un linguiste (John Grinder) qui ont décrit une nouvelle approche mentale au milieu des années 1970 à l'université californienne de Santa Cruz.

Les deux universitaires sont partis de l'idée que notre représentation de la réalité n’est pas la réalité elle-même : dans un même contexte de réalité identique, deux personnes auront des réactions opposées en fonction de la représentation qu’elles s’en font. Un exemple vécu lors du triathlon de Nice pour mieux comprendre : des bancs de méduses flottent au large dans la Méditerranée, c'est la réalité. Représentation du concurrent 1 : des méduses, c'est horrible, je ne veux pas risquer d'être piqué et je préfère faire 200 m de plus pour les éviter... Représentation du concurrent 2 : des méduses, j'ai une combinaison néoprène, je ne risque rien, elles glisseront dessus et je ne veux pas perdre de temps... Cette représentation qui existe en nous influe donc sur les ressources nécessaires pour atteindre les objectifs et buts, rendant ces ressources soit immédiatement disponibles, soit stockées au plus profond de nous-mêmes, soit à l’état embryonnaire.

La PNL présuppose qu'un résultat est toujours lié à un certain contexte et à certaines actions. Si un résultat déplaît, il faut modifier soit le contexte, soit nos actions, soit les deux en même temps. Certaines actions, efficaces dans un contexte, peuvent se révéler totalement inefficaces quand le contexte change. Il faut être flexible si on veut atteindre et entretenir la performance.  A partir de là, la méthode aborde la détermination d'objectif par un jeu de questions :

Question 1 : qu’est-ce que je veux ?

La réponse permet de concentrer toutes les ressources, toute l’énergie dans une direction précise.

Question 2 : mon objectif est-il formulé positivement ?

Si non, il faut reposer la question 1 jusqu’à obtenir une réponse formulée en termes positifs.

Question 3 : mon objectif est-il réalisable ?

S’il ne l’est pas, il y a soit surestimation des capacités du moment et il faut revoir l’objectif à la baisse, soit sous-évaluation de la difficulté si l’objectif est placé trop tôt dans le temps et il faut fixer des objectifs intermédiaires à court terme.

Question 4 : Mon objectif ne dépend-il que de moi ?

Si ce n’est pas le cas, doute et pression s’installent car l’objectif échappe au contrôle et devient aléatoire. Gagner une compétition est un but aléatoire et non un objectif. Il faut reprendre la question : qu’est-ce qui ne dépend que de moi pour atteindre mon objectif ? On fait ainsi apparaître un ou plusieurs sous-objectifs alignés sur le but.

Question 5 : mon objectif est-il formulé avec précision ?

Il faut visualiser précisément le chemin, les étapes et le résultat obtenu.

Question 6 : pourrait-il y avoir des inconvénients à atteindre mon objectif ou des avantages à ne pas l’atteindre ?

Si oui, il faut ré-envisager l’objectif de départ pour ne pas se « saborder » inconsciemment. En anticipant les obstacles, on prend conscience des freins qui risqueraient de se transformer en excuses pour légitimer un échec.

Question 7 : en quoi cet objectif est-il important pour moi ? Que va-t-il m’apporter ?

Un objectif non attractif n’engendre pas de motivation. Il faut en tirer des avantages directs et indirects, des conséquences positives et des bénéfices secondaires.

Question 8 : par rapport à mon objectif, où en suis-je ?

Bilan de la situation actuelle, état des lieux : résultats obtenus, analyse objective des forces et faiblesses constatées, mesure de la distance qui sépare de l’objectif.

Question 9 : qu’est-ce qui pourrait m’empêcher d’atteindre mon objectif ?

Anticiper les obstacles permet d’éviter la surprise ou le découragement quand ils se présenteront. Cela permet de les accepter et de se préparer mentalement à les affronter. Un obstacle imprévu est toujours plus perturbant qu’un obstacle auquel on s’est préparé.

Question 10 : de quoi ai-je besoin pour atteindre mon objectif ?

Recensement des moyens à mettre en œuvre pour atteindre l’objectif : évaluer les actions à conduire, déterminer les moyens matériels nécessaires, les programmer dans le temps avec un plan de travail journalier.

L'étape suivante est la tenue d'un cahier d’objectifs : écrire permet une prise de conscience plus importante et contribue à fixer les idées. Cela permet de contrôler régulièrement l’avancement de nos objectifs et de les adapter si nécessaire.

Le livre aborde ensuite le "mental building", la construction d'une colonne vertébrale de la positivation, avec une série de questions sur l'environnement du sportif, son comportement, ses capacités, ses valeurs et son identité. Répondre à ces cinq étapes permet de mettre en lumière la réalité dela motivation orientée vers l’objectif.

Si cette présentation vous donne l'envie d'en savoir plus, nous pourrons aborder plus tard les solutions mentales proposés : auto-persuasion et installation de croyances dynamisantes, ancrage de ressource à l'aide de neuro-associations, visualisation et répétition mentale des comportements etc.

Pour conclure, avez-vous déjà constaté combien joueuses et joueurs de tennis ont pour habitude de serrer le poing après un coup gagnant ? L'explication est liée à la programmation neurolinguistique : si à chaque fois que je me comporte de manière combattive, je fais juste après le geste de fermer le poing, je vais finir avec le temps par associer cet état interne de combativité à ce geste. Dans un moment d’abattement, fermer le poing suffira à me faire retrouver ma combativité et ma motivation...